Double Je, une exposition entre thriller et réflexion sur les métiers d’art

Ganel Todanais, artisan d’art, se livre à la police les mains maculées de sang et avoue le crime de son rival, Natan de Galois, l’arme à la main. Mais aucun corps n’est retrouvé.

Inspirée d’une nouvelle de Franck Thilliez, le Palais de Tokyo, en partenariat avec la Fondation Bettencourt Schuller, propose une exposition originale aux allures d’enquête policière. Sitôt entré, le visiteur est plongé dans l’univers de Ganel. Le décor de cette enquête devient prétexte à une exposition de la richesse des oeuvres de l’artisanat d’art. La scénographie originale de cette exposition invite à la déambulation dans la reconstitution des ateliers et des lieux de vie des deux personnages principaux. Entre jeu de piste et investigation, le visiteur passe de pièce en pièce, attentif à chaque objet du quotidien, fruit de commande à des artistes et artisans d’art. Les éléments de décoration, le mobilier, les objets les plus usuels devenus oeuvres d’art rythment la visite et illustrent la diversité du monde de l’artisanat d’art aujourd’hui.

Au centre, deux ateliers, coulisses de la création artistique et pivots de l’exposition, où sont exposés les différents corps de métier, leurs outils et le procédé de travail des matériaux : verrerie, lithographie, atelier d’encadrement, plumasserie, broderie, coutellerie, marqueterie,…  Comme autant de fenêtres ouvertes sur le monde de la création, des espaces sont aménagés dans ces deux pièces mettant en scène les étapes nécessaires à la création des objets exposés. En passant par l’atelier de design numérique, le visiteur était même invité à modéliser un vase avec le son de sa voix traité par ordinateur!

Au delà de l’aspect ludique, cette exposition était l’occasion de découvrir un pan de l’art souvent méconnu et trop peu souvent mis en lumière dans une si grande exposition. Les codes habituels de l’exposition d’art sont quelque peu bouleversés : c’est ici l’envers du décor qui nous est présenté, tant dans l’enquête que dans le processus de création. Ce changement de focus amène à une réflexion intéressante sur le regard à apporter à l’artisanat d’art : les objets du quotidien que l’on ne prend plus la peine de regarder et de détailler sont réenchantés, notre regard est amené à changer sur l’intégralité de ce qui nous est présenté.  Par ailleurs, cela pose la question de la place de l’artisanat d’art dans le paysage artistique actuel : forme isolée à caractère exceptionnel, ou forme omniprésente et essentielle ?

Le livret d’exposition, comprenant des plans de chaque pièce et des indications sur les oeuvres présentées, était un bon compagnon de route pour étayer cette déambulation. A la fin il pouvait vous révéler qui est le meurtrier… Mais nous on a voulu garder le secret!

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