L’architecture suisse : entre naturalisme et modernisme

Que l’on ait la chance de visiter la Suisse ou que l’on doive se contenter de cartes postales, ce sont sans hésiter les paysages qui marquent le plus notre imagination et notre mémoire. A la recherche d’une image forte et représentative, ce pays a su faire de ses grandes plaines verdoyantes sa spécificité, sa « marque de fabrique » à laquelle les évolutions architecturales ont beaucoup contribué.

Forte de ces paysages si singuliers, l’architecture suisse a voulu intégrer le bâti à la nature dans une sorte de dialogue. Les conceptions modernes architecturales de la Charte d’Athènes (1933) jouent avec la nature : le plan libre, qui libère l’espace des contraintes des murs porteurs et utilise un système de poutres pour libérer du volume et mieux faire circuler la lumière dans les pièces, et l’usage de matériaux modernes ancrent le bâti dans le paysage et font aussi entrer la nature dans le bâti. C’est parce que la morphologie du pays s’y prête que Le Corbusier organise les réunions du CIAM (congrès international d’architecture moderne) qui prône l’ouverture des habitations vers l’extérieur et la rationalisation. Les années 30 sont aussi marquées par des hésitations entre tradition avec la montée des nationaux socialistes et leur programme de « défense spirituelle du pays », et modernité pensée comme allant de paire avec la nature dans un soucis de protection des paysages, de la nature et du patrimoine.

Si pendant un temps le modernisme semble l’emporter dans ses conceptions originelles, la Suisse n’échappe pas à la construction effrénée de lotissements dans les années 60, résultat de l’interprétation à l’extrême des préceptes modernes. Très vite, ce modernisme débridé est remis en question à la fois pour des questions de rareté des terrains et donc de coût du foncier mais aussi d’esthétisme et de prise en considération des enjeux environnementaux de plus en plus préoccupants. Ainsi, on assiste dans les années 70 à une prise de conscience et à une volonté de « retour aux racines ». Le modernisme réinventé, couplé du naturalisme à travers l’éco-design se réaffirme. L’architecture se tourne à nouveau vers la nature mais avec une touche minimaliste avec par exemple le land art, dans l’optique dece que les Américains ont pu désigné sous l’expression « design with nature ».

Scherzingen, Andreas Galli et Yvonne Rudolf

Scherzingen, Andreas Galli et Yvonne Rudolf

Entre naturalisme, modernisme et minimalisme, l’architecture suisse a su se faire un nom. Pionnière du modernisme initié par l’architecte suisse Le Corbusier, elle a marqué durablement les conceptions architecturales et inspire aujourd’hui les courants minimalistes de retour à une complémentarité nature/bâti, l’un mettant en valeur l’autre.

Val d'Entremont, Savioz Fabrizzi

Val d’Entremont, Savioz Fabrizzi

Laura Basilis

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