Entretien avec Annick Lemoine

Fontainebleau, le 2 juin 2013

Il est parfois de jolies surprises dans les rencontres que l’on fait. Le Festival de l’Histoire de l’Art était riche de ces instants inattendus. Ainsi, lorsque je me suis retrouvée face à Annick Lemoine, responsable du département d’Histoire de l’Art de la Villa Médicis, sur un banc à l’ombre d’une rangée d’arbres du château de Fontainebleau, j’étais loin de me douter que je me trouvais face à l’initiatrice même de ce superbe festival.

Chargée par Frédéric Mitterrand de redonner une place à l’Histoire de l’Art en France et à l’école – reprenant la pensée d’André Chastel -, elle s’inspire des Rendez-Vous de l’Histoire (Blois), lieux de rencontre des historiens, et conçoit le Festival de l’Histoire de l’Art. Cette manifestation ouverte à tous a pour objectif de favoriser les rencontres et de faire vivre l’Histoire de l’Art. Annick Lemoine part d’un double constat: il existe peu de lieux où tous les acteurs de cette discipline (conservateurs, restaurateurs, universitaires, etc.) se croisent; le grand public accourt dans les expositions et dans les musée sans avoir forcément appris à regarder les images, les œuvres. Et il est vrai qu’une certaine magie s’opère lors de ces trois jours festivaliers, qui ne vient pas seulement du charme du lieu, de l’accueil chaleureux et de l’ambiance festive chers à cet événement: des projets naissent entre les intervenants, la réflexion progresse grâce à la confrontation méthodologique avec le pays invité, la curiosité des visiteurs est assouvie.

Pour Annick Lemoine, l’Histoire de l’Art c’est apprendre à regarder les images, toutes les images, comme on apprend à lire et à analyser un texte littéraire. L’Histoire de l’Art donne des clés pour comprendre la création artistique et mieux dominer la vision des images. Mais c’est également apprendre à se poser des questions, notamment dès qu’il s’agit de situer une œuvre dans l’Histoire. Enfin et surtout, c’est apprendre à aimer regarder.

En discutant avec le public elle espère mieux cerner ses attentes, comprendre ce qui les a poussé à venir, ce qui leur plaît dans l’Histoire de l’Art et ce que cette discipline représente pour eux. Elle insiste sur la dimension pédagogique du Festival qui peut-être permettra aux visiteurs de prendre conscience de l’importance d’enseigner l’Histoire de l’Art dès le secondaire. Elle souhaiterait d’ailleurs que le Festival de l’Histoire de l’Art devienne un lieu pour les étudiants, en Histoire de l’Art ou non, pour qu’ils puissent avoir un contact avec des professionnels et/ou qu’ils approfondissent leur réflexion à ce sujet de façon ludique et agréable.

Camille Chanod

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