Voyagez dans le temps – Entretien avec Lydie Rekow-Fond

Fontainebleau, le 31 mais 2013

La Petite Voix a rencontré Lydie Rekow-Fond, professeure d’esthétique et d’Histoire de l’Art à l’ENSBA (Lyon), le vendredi 31 mai. Installées dans le Jardin Anglais du château de Fontainebleau, nous avions sans le savoir très bien choisi notre lieu de rendez-vous. En effet, à la fin de l’entretien, lorsque nous lui demandons ce que lui évoque le Royaume-Uni, elle nous répond « l’art du paysage, les jardins anglais » puis cite Constable (paysagiste du XIXe) et Richard Long (artiste du Land Art). Mais voici sans plus tarder le résumé de cette rencontre qui nous a fait voyager dans le temps :

Pour sa première édition du Festival de l’Histoire de l’Art, elle espère avant tout « susciter une curiosité ». Si elle a régulièrement l’occasion de transmettre un enseignement à des non-spécialistes – notamment via son activité au sein de l’Université Populaire de Lyon – elle souhaite que le Festival soit un lieu de rencontre entre les visiteurs et des artistes « accessibles par une sensibilité propre ». Sont « accessibles » les œuvres avec lesquelles le contact est immédiat, qui évoquent tout de suite quelque chose à celui qui regarde.

Pour Lydie Rekow-Fond, l’Histoire de l’Art est une discipline qui permet d’acquérir un grand nombre de connaissances grâce auxquelles il est plus aisé d’appréhender le présent. Le temps et le rapport au temps semblent donc être présents dans la définition même de l’Histoire de l’Art. Elle nous confie d’ailleurs que le thème de l’éphémère – qui lui évoque la vie, le vivant, le mouvement mais surtout le temps et ses intervalles – est un axe d’étude qui traverse tous ses travaux.

En tant qu’historienne de l’art elle voit sa démarche de recherche comme une activité créative de mise en place de la pensée : de même qu’un peintre fixe sur une toile son émotion, un chercheur imprime sur le papier un moment de sa réflexion. Si la recherche nécessite un cadre (universitaire par exemple) elle demeure un processus toujours inabouti. Il s’agit de fixer une pensée pour mieux la dépasser, de fixer une réflexion pour en aider une autre. D’où l’importance de la transmission qui est l’occasion de formuler une hypothèse, de la fixer dans le temps, tout en ouvrant un espace de dialogue, d’échange, pour aller au delà. Cependant, pour pouvoir saisir une pensée, saisir l’insaisissable entre deux moments ou saisir l’instant, il faut également être capable d’accepter sa propre subjectivité. Ainsi, la question au cœur de ses travaux mêle science et émotion, temporalité et ponctualité : comment dire ce qui est à l’origine d’une intuition et comment en faire un fondement ?

Comme il a été dit dès les premières lignes de l’article, ces quelques instants furent un véritable voyage dans le temps, à l’intérieur du temps, entre ce qui se fige et ce qui évolue, entre ce que l’on saisit et ce qui nous échappe. L’Art et l’Histoire de l’Art permettent de jouer avec les propriétés du temps, de les manipuler ou de se laisser manipuler par elles. Mais l’heure tourne et l’entretien se termine.

La Petite Voix

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