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Entretien avec Damien Bril

Paris, le 25.05.13

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Vendredi dernier, la Petite Voix du Festival a rencontré Damien Bril, doctorant contractuel à l’Institut National de l’Histoire de l’Art (INHA). Il a choisi la représentation du pouvoir comme thème de recherche et il présentera le samedi 1er juin à midi une conférence sur l’éphémère et la monarchie lors de la régence d’Anne d’Autriche1. Il a accepté de répondre à nos questions (auxquelles il n’était pas forcément aisé de répondre en peu de mots d’ailleurs…), voici un résumé de l’entretien en 8 questions:

Qu’attendez-vous du Festival de l’Histoire de l’Art et du contact avec un public amateur ?

Pour Damien Bril, l’intérêt de ce festival est double. D’une part il permet de rassembler tout le milieu de l’Histoire de l’Art (étudiants, chercheurs, universitaires, éditeurs, conservateurs, etc.) et de confronter les différentes disciplines. D’autre part il permet à un public plus amateur de «s’emparer de l’Histoire de l’Art», discipline «qui regarde vers la société». Comme les autres Humanités, elle apprend aux hommes à être, en quelque sorte, de «meilleurs citoyens».

En quelques mots, qu’est-ce que pour vous l’Histoire de l’Art ?

L’Histoire de l’Art, comme l’Histoire ou les Humanités en général, consiste en l’étude des époques passées pour une meilleure compréhension de l’époque présente. Ainsi, l’analyse des figures du pouvoir au XVIIe siècle permet de mieux lire les images actuelles dans ce qu’elles transmettent consciemment et inconsciemment. Autrement dit, l’Histoire de l’Art est un outil pour mieux penser.

Lorsque nous interrogeons Damien Bril sur la différence entre Histoire et Histoire de l’Art, il répond que s’il est nécessaire de les séparer institutionnellement, il est tout aussi indispensable de les réunir (avec les autres sciences humaines) dès qu’il s’agit d’avancer dans la recherche. Cependant, la question est complexe, et nous n’avons malheureusement que peu de temps pour l’approfondir.

Comment abordez-vous vos recherches ?

L’Histoire de l’Art est telle que nous sommes nous-même notre objet de recherche. Pour Damien Bril, la démarche initiale consiste en une approche matérielle, corporelle de l’œuvre. Le corps réagit en fonction de comment il se place face à l’œuvre. Il se concentre donc d’abord sur l’émotion de ce contact direct, puis approfondit son étude à l’aide de documents, de concepts contemporains de l’œuvre, etc.

Que vous inspire le terme d’ «éphémère», thème de cette 3e édition ?

Le pouvoir (objet d’étude de Damien Bril) est une chose à la fois éphémère et permanente. En cela il reflète la condition humaine : nous désirons toujours capter quelque chose qui nous échappe. L’art représente cela parfaitement puisqu’il se situe entre le temps particulier et le temps long. Ce thème est en conséquent extrêmement riche pour l’Histoire de l’Art.

Choisissez une œuvre, décrivez la nous pour nous apprendre ou nous ré-apprendre à la regarder.

Dans le Palais Royal (Paris 1er), côté rue de Valois près du Ministère de la Culture, se trouvent des consoles qui soutiennent le balcon. Elles datent de l’époque d’Anne d’Autriche. Conçues pour durer -comme le pouvoir- elles sont aujourd’hui ignorées des passant qui traversent ces jardins. Cette œuvre montre à quel point l’art est soumis au passage du temps et au changement de statut des lieux (le Palais Royal était alors au centre du pouvoir politique).

Deux questions plus fantaisistes pour finir :

Le pays invité du Festival cette année est le Royaume-Uni. Quelques mots que vous évoquent ce pays ?

Van Dyck et Haendel. Cela semble paradoxal puisqu’ils ne sont pas anglais. Mais leur noms permet d’évoquer le rôle particulier qu’a pu jouer le Royaume-Uni dans la rencontre de différents artistes, de différents mouvements.

Trafalgar Square et Londres, une image d’un lieu très urbain même si ce n’est pas forcément très représentatif du pays entier.

Damien Bril remarque par ailleurs que l’affiche du Festival est paradoxale puisqu’elle joue sur l’éphémère et la présence d’un Scots Guard, symbole d’un respect pour les traditions extrêmement solide.

Quelques suggestions d’expositions, de livres, de films ?

La période est très riche en manifestations culturelles. S’il ne l’a pas encore vue, Damien Bril recommande l’exposition Jacques Demy à la Cinémathèque Française parce que ce réalisateur a l’art de fixer par la caméra un esprit évanescent. Il évoque également l’exposition du Louvre, De l’Allemagne, qui -parce qu’elle fait polémique- montre que l’Histoire de l’Art est une discipline engagée (dans les débats de société, etc.). Enfin, il recommande l’exposition Marcel Breuer à la Cité de l’Architecture.

Camille Chanod et Hager Harabech

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